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..........Je cours. Dans la nuit qui obscurcit autant les bois que ma peur.
...Les quelques rayons de la lune blafarde me permettent tout juste de ne
...pas rentrer dans un arbre. Sous mes pieds, les feuilles mortes craquent et
...volent. Leur bruit m'avait d'abord épouvanté à l'idée qu'
Elle l'entende, mais
...maintenant, je n'ai même plus assez de pensées raisonnées pour me préoccuper de ça.
[...]
Je cours. Mais sans crainte.
Je sais au fond de moi que quoi qu'il arrive, je vais la rattraper.
J'ai entendu le bruit de sa course. Affolée probablement.
Qu'importe. Ce n'en sera que plus grisant...
[...]
......................Mon coeur tente de se calmer. Je me suis arrêtée un instant. Pour souffler un peu.
.................Je sais que je ne devrais pas et pourtant je n'arrive pas à me résoudre à reprendre ma
.................course. Je pourrais marcher au moins, pour couvrir le plus de distance possible entre
Elle
.................et moi. L'image de
son regard déjanté et injecté de sang,
son sourire carnassier,
sa voix
.................narquoise, terrifiante et calme en même temps me reviennent à l'esprit. Ma respiration se
.................sacade. Et soudain mon ventre se soulève, ma vue se brouille de larmes et de dégout, et je
.................me penche en avant pour vomir le contenu de mon ventre vide. Je m'essuie sommairement
.................du revers de ma manche tandis que mon corps est à nouveau secoué de hoquets. Je ne
.................prends pas la peine d'essuyer une nouvelle fois mes larmes et reprends ma course.
[...]
...Je
l'entends.
Elle n'est plus qu'à quelques
mètres devant moi.
Sa course est maladroite.
Je perçois d'ici
ses halètements paniqués.
Plusieurs fois
Elle a trébuché contre l'une des
nombreuses racines qui couvrent le sol.
Ses
pleurs sont parvenus jusqu'à mes oreilles.
Mon coeur se réjouit rien qu'à penser au sort qui
l'attend...
[...]
................................................Elle est là.
ELLE EST LA ‼ Derrière moi ! Je cours de tout mon corps
...........................................seulement mon corps a déjà trop donné. De nombreuses fois je suis
...........................................tombée, autant de fois je me suis faite violence pour me relever. Mon
...........................................coeur est au bord de la panique suprême. Violenté autant par mes efforts
...........................................physiques que par ma peur, il est devenu mon corps tout entier, je suis
...........................................devenue lui, élément dépendant de mon sort.
................................................Malgré mes pensées cauchemardesques, je ne peux m'empêcher de
...........................................jeter un regard par dessus mon épaule vers
Elle. Au moment où mes yeux
...........................................se posent sur
sa silhouette sombre, une racine. Je m'étale de tout mon
...........................................long dans les feuilles mortes, face contre terre. Je tente désespérément de
...........................................me relever mais mes forces me quittent. Le temps de me retourner et
Elle
...........................................est déjà là...
[...]
..........Ma proie est enfin là, devant moi, à mes pieds. Je lis la terreur dans
ses yeux exhorbités et
...la paralysie qui
la fige. Je ne peux empêcher ma langue de caresser mes lèvres, sentant déjà l'odeur
...du sang. Je m'agenouille près d'
Elle, posant mes mains sur
ses genoux nus et enfonçant mes ongles
...dans
sa chair. Le sang commence à couler.
Elle me fixe plus pâle que la mort qui va arriver.
[...]
......................Elle me regarde !
Elle me regarde de
ses yeux sanguins
.................et me sourit, comme on sourirait à un enfant. Et
ses sourcils
.................se froncent, le rictus devient inhumain et carnassier, et
Elle
.................me saute à la gorge ! Malgré mon état, je me débat, de toute
.................l'énergie de ma vie. Et je hurle. Et alors que
ses ongles pénètrent
.................mes yeux, la douleur arrive, m'innondant comme la marée
.................montante innonde la plage, emportant et ensevelissant tout
.................sur son passage.
......................Ma vision se brouille, deviant rouge carmin.
Ses ongles me
.................labourent la peau,
ses poings me brisent les côtes,
sa bouche
.................m'arrache mes paupières. Et la douleur est telle que je ne fais
.................qu'hurler, hurler sans cesse pour tenter de l'ensevelir sous mes cris...
[...]
Son corps se tord sous mes mains et
ondule comme un serpent qui se meurt.
Son visage est plus blanc qu'une fleur d'aubépine
et je trouve le contraste avec le sang qui coule
de ses yeux percés ravissant.
Son sang qui couvre d'ailleurs mes bras,
mes mains ma bouche et mon visage.
Et je la vois rendre son dernier cri
mêlé à mon rire hystérique
tandis que je laboure son corps
désormais inerte et ravagé de coups
jusqu'à n'en plus pouvoir...
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..........Après avoir lu deux textes particulièrement... violents, violents et horribles sont les seuls mots
...qui me viennent et sont, je l'avoue bien pauvre en comparaison de ce dont il s'agit en vérité.
...Seulement je n'en trouve pas d'autre. Ils sont peut-être simples mais je trouve qu'ils conviennent
...plutôt bien...
Bref.
..........Je me suis posée la question toute bête de savoir si j'étais capable d'écrire un texte de ce genre.
...Après tout, on ne saura jamais si on n'essaye pas.
..........Donc voilà le résultat. Je le dis franchement : le résultat me paraît peu satisfaisant, et je garde
...au fond de moi le texte de Boul-de-folie en coup de coeur.
...Parce que... Et bien allez le lire ‼ Mais je l'ai trouvé très prenant, réaliste et... terrifiant ‼